vendredi 20 janvier 2012

Google se tape sur les doigts...

Après l'épisode (somme toute risible) de Chrome durant lequel on avait surpris Google à pratiquer certaines des manœuvres qu'elle prend tant de peine à réprimer lorsqu'elles sont le fait de sites en mal de référencement, c'est une accusation plus grave que porte la société Mocality, concernant des mensonges qu'auraient utilisé des employés ou sous-traitants de Google afin de subtiliser les clients de son concurrent kenyan.

Faut-il y voir des tâches indélébiles sur le blason de Google, dont le credo est : "Don't do evil"? Loin s'en faut...

Chrome, le navigateur qui voulait être bien référencé
Certes, la campagne de promotion de Chrome (le navigateur maison de Google), qui use (et donc) abuse de l'achat de liens implicites et bourre le web de contenu sans intérêt à la limite de la désinformation représente tout ce que Google elle-même tente d'éradiquer afin de fournir les résultats de recherche (et les publicités) les plus riches.
Google est-elle coupable? Au titre de ses règlements, oui, évidemment. Et, en pratique, elle s'est elle-même pénalisée en dégradant le PageRank de Chrome pour au moins deux mois. La punition est faible? Peut-être, mais le crime n'avait pas fait de victime. Et il est rassurant de constater que Google est traitée comme tout un chacun lorsqu'elle contrevient aux règles de son propre moteur de recherche. D'autant qu'on aurait pu redouter que Google ne soit carrément pas logée à la même enseigne technique que le reste d'Internet. Après tout, qu'est-ce qui l'empêcherait de décréter que les sites du Groupe auront systématiquement la priorité dans les résultats de recherche? À partir de là, ses marketeurs internes n'auraient plus besoin de recourir à des magouilles dignes des pieds nickelés...

Mocality, le concurrent lésé
Concernant Mocality, le fond est plus grave puisqu'un réel préjudice a été subi par une société concurrente et ce, suite à des comportements répréhensibles, non pas en vertu du règlement interne d'une entreprise mais bien de la Loi (en France, le dol serait probablement caractérisé). Mais, paradoxalement, cette affaire paraît moins incriminante pour Google. D'abord, il semblerait que les "contrevenants" étaient en fait des sous-traitants et non des employés de Google. Et surtout, ce qui leur est reproché (avoir induit des prospects en erreur) est terriblement "low-tech" et n'a rien à voir avec ce qu'il est courant de craindre (en France, tout au moins) de la part de Google, à savoir sa prééminence technologique et ses ressources considérables. En d'autres termes, n'importe quelle autre entreprise aurait pu pratiquer le même jeu sale...
Toujours est-il que Google s'est officiellement excusée auprès de Mocality et s'est engagée, d'une part, à diligenter une enquête interne pour déterminer comment et pourquoi cette filouterie a eu lieu et d'autre part, à faire en sorte de la réparer vis-à-vis de Mocality (à suivre...).

La source de tous les problèmes
L'origine du problème, dans les deux cas fait peu de doute: dans tous les groupes, il existe des individus qui ont plus ou moins de facilité à sacrifier des idéaux au profit de raccourcis illicites vers des gains rapides. Google et ses 25 000 employés ne peuvent statistiquement pas échapper à cette règle.

Qu'en déduire concernant Google Apps?
Un client Google Apps confie des données critiques à Google. La probité des éventuels employés de Google qui pourraient accéder à ces données constitue un enjeu important et sur lequel le client n'a aucun contrôle. Malgré les faits que le client serait soumis à ce même type de problématique s'il hébergeait ses données en interne, que, comme il l'a été évoqué précédemment, le fait d'externaliser ces données réduit le risque de leur diffusion, et que, techniquement, les droits d'accès par les employés de Google à ces données sont excessivement restreints et contrôlés, il est rassurant de savoir que, confrontée à des pratiques douteuses de la part de ses employés, Google a su prendre des mesures qui allaient jusqu'à la pénaliser elle-même, voire avantager son concurrent. On peut supposer que des clients payants et récurrents seraient d'autant mieux protégés.

Ce raisonnement vaut tant que les comportements cités sont le fait d'individus particuliers et non pas institutionnalisés. Mais peut-on faire confiance à Google en tant qu'institution? Notre opinion, dans un prochain post...

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